International Transport Forum - 2014 annual summit Transport for a Changing World | 21-23 may 2014 - Leipsig, Germany | France presidency

Comprendre les tendances – construire les réponses 

Notre époque est dominée par le changement. De nouvelles technologies nous ouvrent des perspectives inédites. L’évolution démographique transforme le pro’fil des nations et de la société mondiale. Le rééquilibrage de l’économie redistribue les possibilités sur la planète. L’apparition de nouveaux styles de vie est porteuse d’une plus grande diversité. Le changement climatique remet en question les fondements de l’existence de l’humanité, tandis que nous portons un éclairage nouveau sur nos options énergétiques. Autant de mégatendances dont les décideurs doivent dès aujourd’hui pleinement mesurer les eff“ets sur la mobilité afi’n d’élaborer des solutions qui demeureront valides dans un monde en évolution rapide.

Technologie

L’avenir est aux données massives. Chaque jour, 300 milliards de courriels sont expédiés, 30 milliards d’éléments d’information sont partagés sur Facebook et l’équivalent de huit années de contenu est téléchargé vers YouTube. Chaque seconde, nous transmettons davantage d’information que ce qui était stocké sur l’ensemble de l’Internet il y a 20 ans. En 2018, il faudra pouvoir compter sur 1.5 million de travailleurs de l’informatique pour faire le tri entre signal et bruit. La gestion et l’analyse de données constituent une industrie qui pèse 100 milliards de dollars et dont la croissance approche les 10 % par an. La multiplication des appareils mobiles ne connaît pas de limite ; le nombre d’abonnement aux services mobiles rejoint pratiquement la population mondiale. Les paiements e„ffectués par téléphone mobile représentent 25 % du PIB de certains pays d’Afrique. L’impression 3D pourrait révolutionner le secteur manufacturier et la logistique. Les capteurs permettent aux automobiles, aux avions et aux trains de se déplacer de façon autonome. Ils vont transformer les ponts et tunnels en infrastructures intelligentes, intégrées à un Internet des objetsalimenté par des informations en temps réel.

 

Démographie

La population mondiale connaît une croissance explosive. Elle pourrait atteindre neuf milliards d’habitants en 2050, contre trois milliards seulement en 1960. Toute cette population aura besoin de solutions de transport pour avoir accès à l’alimentation, à l’éducation, à la santé et à l’emploi. La moitié de la croissance démographique de la planète sera concentrée en Afrique, où le dé€cit d’infrastructures est le plus criant. D’ici à 2050, l’urbanisation concentrera 70 % de la population mondiale dans les villes. L’enjeu primordial sera donc d’éviter l’étou„ement des zones urbaines : les 40 plus importantes méga-régions comptent pour les deux tiers de l’activité économique du globe. Le vieillissement de la population est un autre facteur de changement, si l’on considère que l’âge moyen augmentera de neuf ans entre aujourd’hui et 2050 – et que les Chinois seront alors plus vieux que les Européens. Le vieillissement n’est qu’un des paramètres qui auront un impact sur les besoins de mobilité et d’infrastructures – au même titre que l’explosion démographique en Afrique et en Asie.
Photo: Eric.Parker Flickr cc

 

 

L'équilibre économique

Le centre de gravité de l’économie mondiale se déplace. En 2050, plus de la moitié de la production mondiale émanera de l’Asie ; dès 2018, la Chine pourrait devancer les États-Unis comme première économie mondiale. Ce rééquilibrage se traduit dans les flux d’échanges : la part des pays développés dans le commerce mondial, qui était de 58 % en 1990, n’est plus que de 38 % aujourd’hui et diminue rapidement. Les dix plus importants ports de conteneurs du monde sont situés en Chine et au Moyen-Orient ; à lui seul, le port de Shanghai manutentionne plus de conteneurs que les trois plus grands ports européens réunis. Le secteur manufacturier est aujourd’hui mondialisé, articulé autour d’« usines mondiales » dont la chaîne de montage est constituée de chaînes d’approvisionnement planétaires complexes. Les services logistiques doivent donc sans cesse s’affiner, et leur résilience face aux perturbations imprévues est de plus en plus déterminante.
Photo: jgmorard Flickr cc

 
 
 

 

Styles de vie 

Le foisonnement de possibilités nouvelles se traduira rapidement par une plus grande diversité de styles de vieL’élévation des niveaux de revenu, la facilitation de l’accès à l’information, l’augmentation de la mobilité, l’amélioration de la qualité de l’éducation et l’innovation de produits sont autant de facteurs qui permettent d’organiser la vie diff„éremment. Dans les économies émergentes, trois milliards de citoyens viendront grossir la classe moyenne et adopteront des styles de vie plus consuméristes, notamment à l’égard de l’automobile. Dans le monde développé, les baby-boomers sont remplacés par les enfants du numérique, qui font leurs achats, partagent leurs expériences, font leurs recherches et mènent leur vie sociale dans le cyberespace. Le numérique est le nouveau paradigme. L’accès ouvert se banalisant, la notion de propriété perdra de son poids au bénéfi€ce de modèles de consommation collaboratifs, dont l’autopartage est un exemple. La répartition des rôles entre hommes et femmes sera redéfi€nie ; les femmes s’affranchissent progressivement des anciennes limites et représentent déjà dans certains pays plus de 50 % de la main-d’oeuvre spécialisée. La santé suscite un intérêt nouveau du fait de la propagation de l’épidémie d’obésité. Encouragés par les actions de promotion en faveur d’une vie active, les déplacements à pied et à vélo feront partie intégrante de la mobilité.
Photo: World Bank Photo Collection Flickr cc

 

Changement climatique et choix énergétiques

Pour faire leur part dans la lutte contre le changement climatique, les transports doivent engager une décarbonisation radicale. Ils comptent toutefois aujourd’hui pour 62 % de la consommation mondiale de pétrole, contre 45 % en 1970. Quarante ans après le premier choc pétrolier, les transports demeurent à 97 % tributaires de l’énergie fossile. Conséquence d’une automobilisation rapide, les émissions augmentent plus vite que l’économie de carburant et que les technologies de motorisation alternative ne peuvent contribuer à les réduire. En 2050, il pourrait y avoir sur la planète 3.3 milliards de voitures en circulation, soit une augmentation de 400 % par rapport à aujourd’hui. Les émissions de CO2 imputables aux transports pourraient donc croître d’ici à 2050 de 170 % au niveau mondial et de 420 % à l’extérieur de la zone OCDE. Les réserves pétrolières sont aujourd’hui de 60 % supérieures à celles de 1993, tandis que la consommation de carburant s’améliore rapidement. La part des énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique n’augmentera pas sensiblement. Étant donné que les pressions du marché ne favoriseront vraisemblablement pas la décarbonisation des transports, les régimes de réglementation des échanges de droits d’émissions ou de subventions aux énergies renouvelables et à la mobilité bas carbone occuperont le devant de la scène.
Photo: World Bank Photo Collection Flickr cc

 

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